En fin de journée, Daz rentre à la maison quatre jours après son départ, je ne peux m’empêcher d’avoir un sourire mesquin et de lui envoyer une pique. Il aurait fait pareil à ma place, enfin à vrai dire je n’en sais rien mais j’essaye de trouver une excuse pour justifier ma méchanceté. 

— Bah alors mon petit, on s’est fait bobo ? dis-je d’une voix aiguë.

— T’avais raison. C’était une abomination ce travail me répond-il dépité.

— Comment est-ce que tu as eu une idée aussi minable ?

— C’est un ami, Enrico.

— Je n’appelle pas ça un ami. 

— Ouais, il ne pensait pas à mal me dit-il résigné. 

— Va te reposer mec, t’as l’air complètement épuisé.

— Oui, je le suis, ça ne te dérange pas si je ne me remets au travail que demain ?

— Il va quasiment faire nuit, ne t’inquiètes pas pour ça. Va te coucher et tu t’y mettras quand tu en auras l’énergie.

Je m’en veux de ce que je lui ai dis la semaine passée, j’étais sur les nerfs et me suis senti bête de l’avoir traité de la sorte ; il ne le méritait pas. Il est vrai que Daz n’est pas un bourreau de travail mais je ne peux décemment pas lui demander de faire trente-cinq heures par semaine alors que je ne fais que l’héberger. Le lendemain, il se met au travail dès dix heures trente et ne cesse de travailler qu’à dix-huit heures, j’en reste pantois. Il abat autant en une seule journée de travail que ce qu’il fait habituellement en une semaine.

Le soir même nous accueillons une nouvelle invitée, Charlotte, jeune étudiante en sociologie à la fac de Nantes. Elle arrive sur le coup de dix-neuf heures, je suis installé sur la terrasse, buvant une bière et jouant au poker en ligne. C’est Daz qui se charge de son accueil. Il lui fait prendre ses appartements avant de lui offrir une visite des lieux. A son arrivée sur la terrasse, elle ne peut s’empêcher de dire que la maison est dans un état lamentable avant même de me dire bonjour, va te faire enculer ai-je envie de lui répondre mais je fais preuve de retenue.

— Enchanté Charlotte, comment vas-tu ? lui-dis je d’un ton que j’essaye de garder amical.

— Très bien, Jessy, c’est ça ?

— Oui tout à fait, tu veux une bière ?

— Oh non, je te remercie mais je ne bois pas, enfin très peu.

— Très peu ? rétorqué-je interloqué. 

— Juste en soirée UNEF.

— Ah d’accord, tu es de l’UNEF ? l’interrogé-je d’une moue dubitative.

— Oui tout à fait ! C’est toute ma vie ! s’exclame-t-elle d’un grand sourire.

Et merde ! Je sais déjà que ça va être une semaine affreuse. L’UNEF est un repère à cancres et opportunistes. Pour vous faire le tableau, cette pépinière d’arrivistes qui iront remplir les rangs des moralistes de gauche à compter en son sein quelques bons gros enculés comme Hamon, Mélenchon, Besancenot, Harlem Désir, Hollande, Valls et j’oublie tant d’autres de personnes qui auraient mérités d’être cités pour leur perversité. Bref si tu veux devenir un fils de pute de droite tu fais l’ENA, si tu veux devenir un fils de pute de gauche tu fais l’UNEF. Le but final étant le même, te croire au-dessus des autres et baiser le peuple français.

— Et sinon tu fumes ? lui demande Daz 

— Un petit peu, je trouve que le cannabis ouvre la pensée et les chakras. 

On sublime avec un côté bobo philosophe, une hippie syndicaliste, on monte en grade. Charlotte a un visage bouffi, quelques boutons sur le menton, elle n’a pas l’air de faire beaucoup de sport à en voir ses bourrelets et ses grosses cuisses. Je l’imaginais plus belle vue sa photo sur AirBnb mais de toute façon, même avec un bâton, je ne toucherais pas un membre de l’UNEF.

Elle a les cheveux bleus, en les voyant je me suis naturellement dis qu’elle devait être du mouvement punk-rock. J’apprendrais un peu plus tard de Daz que toutes les femmes de sa génération étant à l’université et avec des cheveux bleus sont des ultras-féministes. Je n’aime pas les généralisations, le plus probable est que Daz traîne un peu trop sur jeuxvideo.com et s’est fait retourner le cerveau par l’élite de la nation. Néanmoins Charlotte ne va pas changer l’image qu’à mon valet dreadeux des jeunes femmes aux cheveux bleus, elle rentre parfaitement dans les critères décrit par la communauté la plus cancéreuse de France. 

Charlotte n’arrive pas à s’arrêter de parler. Elle nous vante les mérites de son syndicat universitaire et de ses partisans incroyables. Parmi eux, un de ces membres est au-dessus et elle ne cesse de vanter ses mérites, son petit ami Jérémy, vingt-sept ans. Ce dernier a un parcours digne des plus grands de ce monde, une première année ratée en psycho, une première année ratée en histoire, une première année ratée en éco, une première année ratée en géologie et une première ratée année en médecine. Il pense avoir enfin trouvé sa voie cette année en sociologie. 

— Attends, il a quasiment mon âge et il est toujours en première année de Fac ?! lui dis-je totalement circonspect par le fait que quelqu’un puisse avoir un tel parcours d’échec. 

— Oui, mais ça c’est le système qui le mange. Puis avec tout le boulot qu’il fournit pour l’assoc il mériterait largement d’avoir un aménagement de ses cours. 

— Il devrait surtout être dans le monde du travail.

Elle ne relève pas ma réflexion et reprend son récit sur le moment où elle a rencontré son prince charmant. C’est à un amphithéâtre pour un cours de sociologie – quelle surprise – qu’ils se sont croisés pour la première fois, ce grand jeune homme sec l’a hypnotisé. Il lui a proposé de rejoindre l’UNEF, voyant en elle un potentiel immense. Elle accepte, ne va plus souvent en cours puis commence son idylle avec Jérémy et l’UNEF. Son Jules lui avoue qu’il ne va aux premiers cours de l’année uniquement pour recruter des nouveaux membres pour son armée de fanatique. 

Au bout d’une quinzaine de minutes, la voix aiguë de cette demoiselle me tape sur le système. Je la laisse dans les mains de Daz. Moins de cinq minutes après m’être réfugié dans ma chambre, j’entends un bruit de claquement de porte, j’imagine que mon majordome n’a pas tenu plus longtemps. Je reçois un SMS une trentaine de secondes plus tard de la part de mon valet. « Bordel ! Qu’est ce qu’elle est conne ! ». 

Le lendemain suit la même tendance, Daz travaille encore six heures durant. Je lui dis de se calmer mais il est complètement fou furieux en ce moment. Nous avons la chance de ne pas avoir à supporter Charlotte de la journée, elle ne rentre qu’en fin d’après-midi alors que nous sommes tous deux sur la terrasse en train de boire une bière afin de récompenser nos efforts de la journée. Daz est trempé de sueur et rempli de terre. C’est à ce moment que Charlotte décide de faire son apparition. 

— Bonjour, comment allez-vous ?

Bien, avant que tu ne débarques voudrais-je lui répondre.

— Bien réponds Daz alors que je me contente de la fixer. 

— Wow, t’es dans un sacré état dit-elle à Daz remarquant son délabrement.

— Haha oui j’ai bossé toute l’après-midi dans le jardin.

— Ah bon ? Mais ce n’est pas ta maison pourtant, non ?

— Non c’est notre petit arrangement à moi et Jessy, un peu de travail contre un logement.

— Ah d’accord, drôle de façon de faire. J’espère que tu ne te fais pas exploiter.

Hey mais je suis là, connasse ! Traite-moi d’esclavagiste tant qu’on y est. Je ne préfère rien dire, je sens que ça partirait en boucherie. Elle s’assoit alors à côté de Daz dans le canapé sans qu’on ne l’y invite. Caroline porte aujourd’hui un top qui nous laisse voir ses poils sous ses bras. Je n’aurais pas mentionné ce détail si celle-ci n’en faisait pas trop, en faisant exprès de mettre ses bras derrière sa tête afin de laisser cette végétation luxuriante à la vue de tous. 

Elle bifurque vers un nouveau sujet, la politique. Dieu sait que Daz et moi avons horreur de ça. A la limite nous pouvons aborder la chose en parlant de système politique mais nous ne suivions clairement pas ce jeu nauséabond et nous nous foutons royalement des partis, ils ne valent pour moi pas mieux les uns que les autres. J’ai tendance à penser que tout individu ayant soif de pouvoir comme le sont nos hommes politique ne peut être un bon gérant. Ils ne souhaitent pas prendre le pouvoir par altruisme ou pour faire le bien mais pour leur petite personne. Les raisons sont nombreuses et diverses, l’argent, le pouvoir, l’ego et j’en passe.

Pour revenir à Charlotte, en plus d’être dans son association à la con, elle est encartée PCF mais attention, là n’est pas le pire. Il y a deux ans lors des élections présidentielles, elle a glissé dans l’urne le nom de notre actuel président, Emmanuel Macron. Elle se justifie en disant qu’elle n’était pas encore mature politiquement, je n’ose lui dire que c’est toujours le cas. Son discours sur le renouveau l’avait enchanté et du haut de sa longue expérience professionnelle, qui n’en comportait qu’une en tant qu’assistante administrative au cours d’un été dans le cabinet de notariat de l’un des meilleurs amis de son père, elle avait pu s’apercevoir que le marché du travail était bien trop lourd et compliqué et qu’il fallait trancher dans le lard.

— Je regrette d’avoir voté pour Macron au premier tour mais pas du tout au second. Il fallait faire barrage à la haine me dit-elle empli de fierté.

— Oui c’est sur que Macron est un humaniste lui rétorqué-je non sans une pointe de sarcasme..

— Non c’est vrai mais avec Le Pen c’aurait été bien pire. Qui-sait jusqu’où pourrait-elle aller ?

— Oui c’est sur, émeute, grève, loi sans aval du peuple, état d’urgence, mensonges au peuple, il est certain que Marine Le Pen aurait fait aussi bien dans la dégueulasserie que notre actuel gouvernement. Ce n’est pas parce que la peste est bonne que le choléra est meilleur. Bref, évitons les fictions, non ? Par contre, petite question, n’est ce pas un peu contradictoire d’être encarté PCF et de voter pour la République en Marche qui doit être le parti le plus libéral français ?

— Je n’étais pas encore suffisamment consciente politiquement. 

Le manque de conscience politique est donc la seule réponse à sa bêtise.

— Ah ok, et maintenant tu l’es ?

— Oui ! Bien entendu.

Aujourd’hui, après avoir développé sa conscience politique, Charlotte participe à toutes les manifestations contre le gouvernement. Elle trouve scandaleux que le code du travail soit démantelé et que les notions passent en 49.3, elle qualifie le gouvernement français de fasciste et dictatorial. Alors que je me lève pour retourner dans ma chambre, elle nous annonce que Jérémy vient demain. Ce n’est pas une demande mais une affirmation, j’ai bien envie de lui dire d’aller de nouveau se faire enculer mais je me retiens ; j’ai tout de même envie de rencontrer un tel énergumène. Daz lui tient chandelle quelques temps supplémentaire, est-il à ce point-là en manque de compagnie féminine pour supporter la présence de cette hystérique ? 

La journée du lendemain voit Daz s’acharner de nouveau sur le jardin, après deux heures de travail je lui dis de stopper, si son but est de me montrer qu’il est motivé c’est réussi. On se pose en début d’après-midi sur la terrasse que nous ne quittons pas de la journée. Les bières et les joints s’enchaînent, je suis plus que éméché quand j’entends la porte d’entrée s’ouvrir. Quelques instants plus tard, voilà Charlotte et son amoureux débarquer dans notre havre de paix. Un long fil de fer, la peau grasse et des cheveux bruns et longs. Il s’approche de moi et me serre la main, il a la patte molle.

— Salut, Jessy c’est ça ?

— Oui tout à fait, et toi c’est Jérémy ?

— Oui, j’ai entendu parler de toi.

— Moi de même dis-je en souriant et l’œil titubant.

J’avais eu la douce idée que Charlotte et son prince charmant iraient se confiner dans leur chambre pour nous laisser en paix, malheureusement il n’en est rien. Ils s’installent avec nous sur la terrasse. Charlotte avant de se poser va chercher deux bières – qui m’appartiennent – dans le frigo et en sert une à Jérémy qui la remercie. Je croyais qu’elle ne buvait pas, il faut croire que l’alcool gratuit lui fait facilement rompre ses promesses. Je fais fis de ce vol, nous ne sommes plus à ça près venant de cette généreuse humaniste. Jérémy nous demande de suite nos couleurs politiques.

— Nous ne sommes pas politisés répond-je afin de tenter de couper court à cette discussion.

— Ah mais les gars, vous ne vous rendez pas compte de l’importance de la politique ? C’est le nerf de la guerre ! Vous devriez rejoindre nos rangs !

Jérémy est à peine arrivé qu’il se met à faire son VRP des rouges. Il ne me déçoit pas pour le moment. 

— Nous sommes à un moment charnière de l’histoire de l’humanité. Si nous ne choisissons pas le bon tournant, nous irons droit dans le mur. Vous devriez nous rejoindre dans notre combat contre l’oligarchie et l’oppression !

— Ouais, je sais pas trop tu sais, moi je me plais bien dans ma complaisance ose lui répondre Daz, quelle erreur !

— Mais n’es-tu pas fou ?! lui assène Jérémy, à cette interrogation Charlotte le regarde avec des yeux amoureux.

— Hein ? lui répond Daz surpris.

— De quoi hein ? Tu as un rôle à jouer Daz, aussi mineur soit-il ! Tu te dois de prendre tes responsabilités et d’aider les autres ! 

— Ouais j’en sais rien, tu fais quoi toi pour aider le monde ?

— Et bien je lutte contre le pouvoir en place, je participe à de multiples associations et je fais de multiples voyages en Afrique pour aider à lutter contre la pauvreté.

— Ah ouais t’es le genre de connard à se prendre en photo au milieu de jeunes enfants africains crevant la dalle pour pomper du like ? lui asséné-je

Je ne croyais pas si bien dire,la photo de profil Facebook de Jérémy est littéralement l’image que je viens de décrire.

— Non ! Je ne fais que traduire une expérience enrichissante au travers de la capture d’un moment de vie et de partage au sein de la population africaine que j’ai tenté d’aider du mieux que j’ai pu.

Tous ces mots pour dire qu’il est un immense fils de pute me laissent de marbre. Charlotte est elle comblée au plus haut point par son Roméo.  

— Oui ! Jérémy tente de montrer par l’image que l’important est d’aider les autres. L’humain est tellement égoïste qu’il ne peut comprendre ça mais nous ne t’en voulons pas Jessy.

— Oui, l’être humain est une gangrène assène Jérémy.

— Si j’avais assez de force, je me suiciderais lui répond Charlotte.

— Moi de même. Le minimum que nous pouvons faire pour sauver notre planète est de ne pas avoir d’enfants ajoute Jérémy à cette discussion parodique.

Charlotte a les yeux qui pétillent de nouveau, elle est plus amoureuse que jamais. L’homme est un fléau et son amoureux est d’accord avec elle. Elle aime à se rappeler ses cours de philosophie et lui répond fièrement de la seule citation qu’elle a dû retenir.

— L’homme est un loup pour l’homme.

— Mais il est aussi un loup pour la nature lui répond du tac au tac Jérémy.

Ces deux fils de joie s’observent les yeux dans les yeux pétillants d’amour et s’embrassent. J’imagine qu’ils ont dû répéter de nombreuses fois cette scène. Cette discussion forte intéressante nous fait naturellement partir sur le sujet de l’écologie. Jérémy et Charlotte ont tous deux des Iphones, consomment du nutella, prennent l’avion pour des destinations exotiques et ne se refusent jamais un fast-food, pourtant ils sont des grands défenseurs de l’environnement selon leur dire, leur plus grande action ? Pisser sous la douche.

— Vous ne connaissez pas la technique du colibri ?

— Bien sur que si, j’en ai entendu parler mais c’est un coup d’épée dans l’eau.

— Un coup d’épée dans l’eau ?

— Oui, on entend par là de pisser sous sa douche par exemple. Bah quand je pisse sous ma douche j’y reste trente secondes de plus, n’est ce pas-là une grande connerie ?

— Non du tout, c’est un pas important pour la survie de notre monde !

— Oui c’est sur, pisser sous ma douche ça va nous protéger de la surconsommation, de la déforestation, du rejet de produit chimique dans la nature ou de la destruction de la couche d’ozone.

L’alcool aidant, je n’hésite plus à lui rentrer dedans, un jeu auquel Daz se mêle avec un grand plaisir. Tout sujet abordé devient un champ de bataille. Nous nous attaquons ensuite à de multiples sujets plus superflus les uns que les autres. La panséxualité, la persécution des racisés – quel mot affreux – ou encore la culpabilisation des islamistes. Tant de sujets auxquels je n’ai aucun avis n’ayant pas suffisamment de connaissances et surtout m’en battant royalement les couilles. Je pars me coucher laissant les deux tourtereaux finirent d’emboutir mon pack de bière sans m’avoir offert le moindre remerciement. Je leur offrirais à chacun une corde et un tabouret s’ils avaient un peu plus de courage. 

En ce quatrième jour depuis l’apparition de cette harpie de Charlotte, je me réveille à la mi-journée. Suite à mes pérégrinations sur Tinder j’ai trouvé une jeune demoiselle de vingt-deux ans, Cécile, avec qui le courant passe, entendez par là que nous souhaitons chacun nous offrir un orgasme. Après mettre mis sur mon trente et un, je pars chez elle une petite heure après mon réveil. Cette rencontre m’offre une sympathique partie de galipettes, je retourne chez moi vers quatre heures de l’après-midi. Malheureusement, Charlotte est rentrée plus tôt qu’à son habitude. Voyant Daz travailler comme un fou, elle ne peut s’empêcher d’être indignée. Mon valet a décidément choisi la mauvaise semaine pour passer de Jeff Lebowski à Alekseï Stakhanov. 

Voyant ce pauvre dreadeux travailler comme un chien, elle se met  à hurler à peine ai-je passé la porte de mon domicile. C’est une horreur, elle me dit que je suis un esclavagiste et me menace de prévenir la juridiction du travail. Devant ses hurlements, Daz revient alors de son pénible labeur et tente de me défendre en lui disant qu’il est totalement satisfait de se faire exploiter et ne comprend pas son énervement.

Elle dit à Daz qu’elle est abasourdie par le fait qu’il ne prend pas les armes et ne se révolte pas contre la dictature que je représente. Rien ne va plus, la terrasse se transforme en lutte verbale. Daz lui dit qu’elle est totalement folle et nous nous y mettons alors à deux pour l’envoyer valser dans les cordes. De grosses larmes se mettent alors à couler sur ses joues, elle renifle en même temps et l’on ne saisit  plus rien des couinements qui sortent de son petit être fragile. Elle finit par rejoindre sa chambre en nous traitant de monstres du capitalisme et nous offre enfin des vacances après quatre jours de supplices interminables. Elle part le lendemain matin me laissant un avis des plus sympathiques sur AirBnb.

« J’ai passé une semaine abominable avec un personnage intolérant et exploitant la misère du monde : Jessy. Ne cessant les attaques sur ma personne et mon petit ami, Jessy est une personne de petite vertue. Si sa vision du monde ne suffisait pas à me faire vomir, l’exploitation de son valet de maison, Daz, est à faire gerber les défenseurs des droits de l’homme. Jessy est un ignoble être humain qui aurait sa place en prison. »

Chapitre 5

Chapitre 7